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A quel moment les villes industrielles ont-elles rejoint l'imaginaire futuriste des réalisateurs de cinéma? Plus précisément : que s'est-il donc passé pour que le futur tel que Ridley Scott l'envisageait dans les années 80 ressemble soudainement à l'europe urbaine selon Lucas Belvaux? ![]() Blade Runner de Ridley Scott (1982) s'ouvrait de la même façon : Los Angeles en 2019 vu à travers ses cheminées d'usines et la noirceur d'une nuit de fumées industrielles, ainsi était (im)posé le décor du film, le futur ressemblerait à une nuit sale et polluée, et ses acteurs ne seraient pas tellement différents de ce que nous sommes. Nous sommes en 2006, Ridley Scott prévoyait 2019, Lucas Belvaux, on ne sait pas, mais l'intemporalité du film le situe spontanément dans ces années-là, on dirait : contemporain. ![]() Conscients de l'impossible échappée de leurs protagonistes, Scott et Belvaux enferrent leur cinéma dans un réseau de routes grises et d'appartements sans caractère : le studio de Harrison Ford en tout point égal aux logements sociaux des anti-héros de "La raison du plus faible", tout comme l'alcool qu'ils se servent en abondance ne cherche plus le plaisir de l'ivresse mais une noyade consentie dans un quotidien sans avenir. Acteur-héros de son propre film, Belvaux lui-même prend des airs du personnage américain, en lunettes de protection sur le visage ou aux aguets derrière un pan de mur : à la recherche de lui-même et non plus de l'action qui lui est dictée, il se filme au plus près, au plus vrai de la banalité humaine, dans la répétition d'un destin qu'il rejette tout en étant incapable de s'y soustraire. ![]() Harrison Ford s'échappait de Los Angeles, Ridley Scott, visionnaire, cherchait encore un espoir dans un futur pessimiste; Lucas Belvaux, ancré dans la réalité, ne se berce plus d'illusions : il claque la porte au nez des fantasmes du vingtième siècle et fige son cinéma dans ses déceptions sociales, millénaristes.
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